Déclaration sur la mort de Quftu Abu Wahelow, aujourd'hui 21 juill 25

 


"Déclaration sur la m8rt de Quftu Abu Wahelow et l'échec des systèmes de protection en Libye 🇱🇾.
Nous rédigeons cette déclaration avec une profonde tri3tesse et une rage insupportable suite au décès de Quftu Abu Wahelow, une réfugiée éthiopienne de 19 ans, décédée à Tripoli alors qu'elle était enceinte de 9 mois, après avoir enduré une captivité prolongée, des vi8ls répétés, des vi8l3nces s3xu3lles, des t8rtur3s physiques, émotionnelles et psychologiques, et un abandon total de la part des institutions chargées de la protéger.
Quftu est née dans le village d'Aje, dans la zone d'Arsi Lixa, dans le district de Shala, en Éthiopie. De son vivant, Quftu nous a raconté qu'elle et sa sœur aînée avaient quitté leur village après le décès de leur père. Leur mère était trop faible pour subvenir à leurs besoins. Espérant trouver du travail et subvenir aux besoins de sa famille, elle et sa sœur ont déménagé à Addis-Abeba. Fin 2023, elles ont été victimes de la tr4ite d'êtπ3s humains depuis Addis-Abeba, perpétrée par un intermédiaire soudanais qui les a attirées avec de fausses promesses d'emploi. Elles ont été transportées de l'autre côté de la frontière soudanaise, puis vendues à des trafiquants en Libye. À Koufra, elles ont été séquestrées dans un entrepôt, vendues 100 000 dinars libyens chacune, et soumises à des v!8ls systématiques, des coups, la f4m!ne et la t8rt#re pendant plus d'un an.
Après de longues négociations, leur cas nous a été présenté pour la première fois fin octobre 2024, alors qu'elles étaient toujours retenues captives à Koufra. Dès lors, nous avons suivi son cas attentivement, documentant son état, identifiant ses ravisseurs et interagissant avec tous les acteurs possibles pour faire pression en faveur de sa libération. Il a fallu des mois de négociations, d'efforts coordonnés et de risques personnels pour obtenir son transfert. Elles ont été amenées à Tripoli vers début juin 2025, alors qu'elle était déjà dans ses dernières semaines de grossesse, physiquement et mentalement brisée.
Une fois à Tripoli, nous l'''''avons accompagnée dans ses démarches auprès du bureau du HCR de Tripoli, où elle s'est rendue plus d'une douzaine de fois, plaidant pour des soins médicaux et l'enregistrement comme demandeuse d'asile. Elle a été refoulée à chaque fois et invitée à « prendre rendez-vous en ligne », une instruction cr#elle et absurde pour une femme visiblement enceinte, traumatisée et sans accès à Internet ni à un abri.
Lorsque le travail a commencé, nous l'avons accompagnée dans plusieurs hôpitaux. Tous ont refusé son admission. Elle a finalement été admise à l'hôpital Shaara Zawiya, mais il était trop tard et elle y est décédée. Quftu n'est pas m8rte de la guerre ou de la maladie. Elle est m8rte parce qu'on lui a refusé une protection, parce qu'elle était n8ire, femme, pauvre et déplacée. Son décès est la conséquence de violences structurelles et de négligence humanitaire.
Sa sœur, aujourd'hui à Tripoli, se trouve toujours dans une situation similaire. Elle aussi se voit refuser les services du HCR, malgré l'urgence de son état et les nombreuses interventions de notre réseau. Nous exigeons une intervention immédiate pour lui sauver la vie. Le pape François suivait personnellement la situation de Quftu et de sa sœur et soutenait nos efforts pour les accompagner. Son décès, survenu trois mois après le sien, appelle à un effort renouvelé de solidarité."
 
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